Fort Grunha 2 (18+)

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Les hurlements 
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                                                         ​​“LA VIOLENCE aux mains du peuple n’est pas la violence,                                                                                                     mais LA JUSTICE.”
​​                                                                                                                               -Eva Perone
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​​  Putain de Liliths, c’est résistant comme bestiole ! 
​​Le sergent s’accorde une pause bien méritée après avoir cassé au marteau les dents d’un de ces diables réduisant la bouche et les gencives en une purée rosâtre et dégoulinante. Lui avoir réduit en charpie les orteils non plus n’avait pas suffit. Ces cons hurlent, mais ne parlent pas !

  ​​Il ouvre la porte métallique du bâtiment de béton nu et se retrouve dans la nuit pluvieuse. Un déluge qui s'abat,  gelé et dru, sans discontinuer depuis des jours.  Le sol du fort n’est plus que boue et mares. Il s’abrite sous le auvent du poste de garde en face, pose son marteau ensanglanté à ses pieds et entreprend de se rouler un clope. 
​​  Moi j’t’empalerai tout ça au bout d’une pique ! 
  ​​La faible flamme de son briquet allume lentement la cigarette d’herbes séchées. Inspiration bienfaitrice d’une bouffée.  La pluie incessante couvre le fort d’un rideau sonore lenifiant. Il perçoit à peine dans le bâtiment d'a coté, un gars qui joue de l’harmonica... Un vieil air qu’il connait. Il n’entend plus les cris des autres Liliths cognés par ses collègues, et il n’y pense déjà plus.


​​Bom !

​​  Qu’est ce que c’est ?

​​Bom  Bom !

  ​​Un bruit sourd, lointain, étouffé qui bat sous l'averse.

​​BOM BOM BOM BOM BOM 

​​  Des tambours ! 
  Ça vient de loin… Putains de Liliths !

  ​​Les bomboms résonnent derrière la pluie, menaçants. Le sergent traverse l’esplanade du fort au pas de course. Au coin des lèvres subsiste juste un morceau de mégot mouillé que la pluie n’a pas emportée. Trempé et écrasé par l’eau du ciel, il grimpe les escaliers des remparts qui mènent au chemin de ronde.

​​BOM BOM BOM BOM BOM BOM BOM BOM BOM BOM

  ​​Son cœur et les tambours battent ensemble. Il atteint le sommet du rempart, scrute la nuit, essaie de percer le voile d’eau, mais il ne repère rien.  Rien au pied du fort, rien non plus dans les ombres du village abandonné derriere les murs, rien… 
  Un soldat au chapeau et au manteau dégoulinant court vers lui, c’est Steffen.

​​“Sergent, c’est quoi ce bordel encore ?
 ​​- Il y a rien... ça doit être une connerie de cérémonie funéraire. Ils ont du faire une putain de gueule en découvrant leur campement !
 ​​- Oui c’est clair Sergent et puis c’est pas en tapant sur des tam-tams qu’ils vont nous faire mal !
​​ - C'est clair… Même si c’est bien lourd. Ils se lasseront avant nous !”

​​  Les deux hommes se taisent. La pluie tombe et les bomboms raisonnent sans fin…

​​“Bon faut qu’j’y retourne, ouvre l’œil Steffen. Je vais prévenir le Lieutenant.”

​​  A peine eut-il terminé sa phrase que la nuit se déchire d’un hurlement inhumain. Les deux hommes se regardent et avant que le sergent ait eu le temps d’en placer une, un autre hurlement plus long, guttural, dechire le rideau de pluie. 

​​“Putain je vais prévenir le Lieutenant” lache le sergent en dévalant l’escalier qui rejoint la cour alors que derrière lui d’autre cris et d’autres plaintes hantent les ténèbres.









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