Fort Grunha 3 (18+)
Les désolations
- “Si le sourd n’a pas entendu le TONNERRE, il verra bien LA PLUIE.”
- - Proverbe Malinké
Ecrasé par la pluie dans les premières lueurs glaciales du matin, trois groupes d’hommes sont en selles. Comme tout ceux rassemblés autour de la cours, les silhouettes grises attendent la parole du colonel. Il est debout sur sa caisse de munitions, à l’abri avec son chien, sous le auvent crasseux du Mess. A coté de lui, le lieutenant à l’air de s’ennuyer et se sert des torrents d’eau qui coulent du toit pour gratter des taches de sang sur son manteau. Le colonel se racle la gorge bruyamment.
“ Cette nuit la terre a tremblé. J’ai entendu que ça faisait beaucoup parler : magie chamanique, arrivée d’un aberrant ou même colère divine. Et alors ? Oui, il n’y a plus d’eau dans le puit mais avec ce qu’il nous tombe dessus, nous ne sommes pas pres d’en manquer ! Pour le reste tout va bien.”
Rire des gars. Il est fort le colonel se dit le sergent la goute au nez.
“Ce matin vous allez patrouiller autour du fort. Certes, ce n’est pas un temps à sortir un Codex dehors, mais nous avons besoin d’information après le raffut de cette nuit. Le premier groupe, celui du sergent, ira vers la route de Gesseln. Le second groupe suivra la Reka vers le sud sous le commandement d’Albano l’orgiastique. Enfin le dernier groupe partira vers le nord sous les ordres du Lieutenant Korshac. Le but n’est pas de provoquer l’affrontement, mais de découvrir les activités occultes des Liliths et de constater les effets du tremblement de terre. Pas de bêtise, vous rentrez tous avant la nuit !”
Le sergent porte les doigts à sa bouche et siffle. Silence humide. Puis d’un geste il met en branle son groupe vers la porte du fort qui s’ouvre pour les laisser passer. Il est suivi de prés par Albano et son détachement .
Avant de dépasser la lourde porte blindée le sergent se retourne puis salue d’un geste le colonel et le Lieutenant. Celle-ci crache par terre et sort de l’abri relatif de l’avant-toit. Instantanément douché, son chapeau ploie sur son crane. Nullement importunée, elle attrappe les rennes de son cheval bai et grimpe en selle. Puis, tranquillement, elle déploie les pans de son manteau sur ses cuisses comme si le mauvais temps n’existait pas. Plantés sous la pluie depuis un bon bout de temps, les gars de son groupe s'impatientent et marmonnent sur leur chevaux.
Le sergent et son groupe ne sont plus que silhouettes lointaines quand il sort de la forteresse sous l’ombre terrible du M55 Quad 50 qui veille. Les pas lourds des chevaux résonnent dans Grünha et les formes des maisons abandonnées du village se perdent dans la brume d’eau. L’averse est aveuglante et assourdissante, l’eau s’insinue partout. Encore une journée où la poudre ne pourra pas beaucoup parler, noyée sous le déluge, mais ça n’empêchera pas les marteaux des juges de rendre leur verdicts.



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