Fort Grunha 5 (18+)
Scène 5 : La nuit
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“Ce n'est que lorsqu’il
fait nuit que LES ETOILES BRILLENT.”
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Churchill
Après
le crépuscule, le vent se leve, hurlant sinistrement.
La
pluie se transforme en une mitraille de goutes presque solides. Et
parfois des rafales plus puissantes encore charrient des branches et
des petits cailloux qui fouettent les rares silhouettes de cette nuit
sans lune ni étoiles. Le vacarme est impressionnant, presque
surnaturel.
Le
sergent revient de l’infirmerie où il a fait soigner son bras
blessé lors de sa rencontre avec les guerriers Liliths. C’est pas
grand chose mais avec toute cette humidité il faudrait pas que ça
s’infecte ! A peine abrité sous l’avant toit du bâtiment, le
bras en écharpe, il jauge le chemin criblé de flaques jusqu’à la
porte du Lieutenant. Elle doit être occupée à faire parler le
prisonnier Lilith et ça lui ferait bien plaisir d’aller le
triturer un peu aussi… ça détend tellement la torture d’un
enculé !
Alors
qu’il a pris sa décision et remonte le col de son manteau pour
couvrir la distance, il remarque du coin de l’œil la porte ouverte
de l’église désertée depuis la disparition du Père Luka. C’est
pas normal… Et il a pas vécu si vieux en prenant les signes à la
légère. Aussi il glisse sont long marteau hors de sa boucle de
ceinture, et tout en résistant aux assaut du vent et de l’eau,
imperturbable, il s’approche à pas lent de la double porte de
l’Église Anabaptiste.
Il
a beau fouiller les ténèbres des yeux, il ne distingue rien à la
lueur des quelques fenêtres encore éclairées. Il s’immobilise
devant la porte, écrasé par les trombes du ciel. Ça ne peut pas
être important, on est entre gentleman... Un gars qui se serait
caché là pour culbuter une villageoise ? Une beuverie entre potes
de garde ? Des réfugiés qui squatteraient ici ? Qu’importe la loi
c’est la loi, l’Église est fermée, basta ! Quand soudain les
portes s’ouvrent en grand. L’effet du vent ? Non.
Deux
silhouettes sortent de l’ombre. Il n’a que le temps de se décaler
pour éviter un tir de harpon quasiment à bout portant. Le
projectile déchire en passant prés de lui les chairs de son bras en
écharpe.
“Putain
!”
Le
Sergent se fend en laissant glisser le marteau vers l’avant tout en
bramant un cri de guerre qui se perd dans les hurlements du vent. Le
coup ne porte pas, mais lui sert d’élan pour un coup d’épaule
qui déséquilibre l’adversaire. Il remarque la seconde forme qui
se rue vers lui sabre au clair, et lui oppose son bras blessé qu’il
a libéré. La lame lui ouvre le bras comme une saucisse trop cuite
et les trois hommes dans un même mouvement se retrouvent au sol dans
une flaque. Le sergent pris en sandwich tente de s’extraire en
roulant de coté alors qu’il sent la lame qui cherche une faille
pour le percer et les bras de l’autre vouloir le saisir a la gorge.
"Putain, putain c’est mauvais !"
Le
sergent hurle et se débat enchaînant coup de poing, de coude, de
genou et de tête, personne ne baise le sergent ! Les combattants de
cette mêlée boueuse, de nuit, en pleine tempête, ressemblent à
des asticots qui gigotent sur un tas de fumier humide. Bien que les
gars soient des monstres de muscles, dure comme de l’acier, le
sergent leur glisse entre les paluches. Évidemment il encaisse
manchettes et manche de sabre, mais il ne se laisse pas saisir... il
ne se laisse pas mourir.
Au dessus d’eux
les sirènes d’alerte de fort Grünha se mettent à gueuler.



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