Fort Grunha 6 (18+)

 Scène 6 : La ruine 


  •                                      “RESONNEZ trompettes et tambours, HISSEZ les gonfalons ! 
  •                                                                Faisons honneur à LA ROIDE DAME !”                                                                                                                                             - Misterfox


   L’aube se lève peniblement derrière une pluie maintenant légère qui delayent le sang dans les flaques. Survolé de corneilles braillantes,  le sergent, le bras encore en echarpe, les pommettes recousues, les yeux noircis et enflés se tient sur les remparts. Le p’tit spitalier a fait ce qu’il a pu, mais personne ne vaut Mama Leski pour les soins. Domage qu’elle ait été enlevée dans l’attaque d’hier soir.   Putain, j’en chie!

   A cote de lui, le colonel et son fidele John toisent la foule au pied des remparts. Des juges comme des corbeaux trempés, des orgiastiques à la mine défaite, des villageois en guenuille qui se blotissent en petites troupes de chiens battus.

   “Nous sommes debout ! La loi nous tient et nous tenons la loi ! Grünha est a nous !”
    
L’exaltation du colonel semble peu commmunicatives et les groupes qui grelottent en contre bas n’echangent que quelques murmures d’approbation.

“Les crimes des Liliths ne resteront pas impunis. La salle du jugement est trop endomagé pour nous acceuillir tous et la pierre de jugement ne concerne que les humains. Ces sauvages n’en sont plus depuis longtemps… Pourtant ce matin justice sera rendue”     La foule blessée murmure.

   “Ce matin le marteau de la justice va frapper et il va frapper fort ! Pour le Pere Luka, pour le lieutenant, pour Zaleski, pour Harfang, pour tout ceux qui ont donné leur vie et pour nous aussi qui sommes pret au sacrifice ! Sergent faites monter les prisonniers”

   D’un geste de sa main valide le sergent fait signe a un detachement au bas de l’escalier. Une colonne d’une bonne dizaine de prisonnniers enroulés dans des couvertures sales et cagoulés, boitant et gemissant est encadrée par des protecteurs plus trop frais non plus. Lentement, dans un silence solemnel,  ils gravissent les marches et se disposent en ligne sur le long des remparts mouillés.

   “Ce n’est que le debut du chatiment, des renforts ont été reclamé a Justicienne. Ils nous épauleront pour erradiquer ces nuisibles. En attendant, pour ceux-la le marteau va deja tomber et ils serviront d’exemple.”  

   Ca s’agite en bas, et on perçois des ‘ouais’ et des ‘c’est ça…’ un peu desabusés.  

                                                                “Sergent, procédez.”

   Un protecteur arrache la couverture du premier prisonnier. C’est une femme au corps elancée, a la peau salie de sang, de merde et d’echymoses. On appercoit pourtant encore ses tatouages, de sombres motifs cabalistiques, des pentacles, des tetes de bélier ou des lettres d’un alphabet inconnu. Ses mains sont attachées dans le dos. Un juge, a peine perturbé par la puanteur,  se baisse et lui attache les pieds a une courte corde reliée a un de ces lourds anneaux éparpillé le long du chemin de ronde.

   La foule attend sans broncher au contraire des corneilles qui reclament leur dû.  La liliths denudée tremble de peur, de douleur ou de froid… ou bien des trois.
Le sergent s’approche et lui retire sa cagoule. Dessous, le visage tumefié ne ressemble plus a grand choses une bouche ensanglantée, une oreille déchirée, le nez brisé, la chevelure brulée. Tremblante de façon incontrollée elle regarde la foule en contre bas. Elle respire fort, peut-etre essait-elle aussi de cracher sur eux ou seulement de tousser un peu de sang ?

   Le sergent sort sa lame et, un rictus aux levres, lui ouvre le ventre. Alors qu’elle se plie en deux, d’un coup de pied aux cul il la precipite dans le vide.
Un cri, la corde se tend rapidement. Pendue la tête en bas, la chute a fait sortir ses viscères fumantes qui recouvrent son visage. Des acclamations parcours enfin la petite foule alors que le corps convulse. 

   Au suivant ! 
Un signal fort qu’il dit le colonel, ça fait sourire le sergent. Bientot les murs seront couvert d’une agreable guirlande pourpre.     






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