Fort Grunha 11 (18+)

Scène 11 : La foudre




  •                           “LA VIE a une fin, LE CHAGRIN n’en a pas."     - Beaudelaire




  Le sergent est cloué sur le toit betonné du Mess, les yeux dans le ciel nocturne , il observe la masse sombre des nuages qui defilent sans trace et revelent peu à peu les étoiles. La sirène s’est tu, tout comme les cannons de la M50. Les clameurs des hommes et la fureur des armes s’eloignent, ils ne sont plus importants.  Respirer lentement…. Il ne remarque pas que la pluie a cessé. Impossible de reprendre completement son souffle sans se noyer dans le sang qui lui coule dans la gorge. Sonné, il ne sent plus sa jambe, alors que son bras lui fait un mal de chien. Le diagnostique est plutôt pourri. 

Putain de Doc, Leski, jamais là quand on a besoin d’elle ! 

  Encore une explosion qui tonne, flash de lumière et pluie de poussière. 

kof Kof Kof ! Non, pas tousser, pas tousser !

  On attendait les Liliths et c’est un putain de démon immortel qui nous défonce. C’est eux qui nous envoie ça ? Putain de monstre, on était quatre à lui tirer dessus et il a rien pris ! J’y crois pas. En plus il est presque invisible la nuit, il saute comme une puce et il nous décapite avec sa putain d’épée enorme…. Et même à mains nues !  
Ah, mais moi, il m’a pas eu... Enfin pas tout a fait. 

  Kof kof kof. 

  Il tousse du sang, une quinte sans fin. L’air le fuit. Il arrive à se mettre sur le flanc et à inspirer une bouffée bruyament. Grosse douleur au torse. Il constate qu’il est couvert d’un liquide poisseux et tiede, le toit aussi. 

Je perds trop de sang, bordel !

“Au feu ! Au feu !” 
  Merde, le mess qui crame… Avec tout l’alcool qu'y a dedans, ça m’étonnerait pas que ça explose aussi. Je me serai jamais autant envoyer en l’air que cette nuit ! Il entend des pas precipités en dessous, des coups de feu. Les gars qui fuient le mess. Puis il les entend crier, hurler puis gémir et puis aprés… plus rien, ils se taisent. 
Putain, y aura personne pour le buter ce truc ? On va tous crever ici ?

  Katia je suis désolé pour ma promesse , j’ai bien essayé de te retrouver, mais ça a raté. On partira pas ensemble.  T’avais raison on aurait du se faire la malle il y a longtemps…Ah Kat, tu vas encore chialer et me maudire et puis tous les hommes avec. Putain de Kat… 
Allez, si je pouvais … Juste une derniere fois …. 

  Dans sa nuit le sergent essaie de bouger, de se relever, mais son corps ne peut plus, plus de jus. Et putain, ça fait trop mal ! Alors il reste etendu là, fatigué, juste la caboche qui gamberge encore un peu. Les yeux ouverts, il se repose. Le ciel a fini de pleurer, les étoiles le regardent et le souffle doux du vent seche son sang.






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