L'etoile dans la brume
L’étoile dans la brume.
Nous sommes en 2965 du Troisième Âge des Terres du Milieu. C’est la fin de l’hiver et un timide soleil se lève sur l’Eriador.
Sur la grande route de l’Est, les nains ont repris le commerce entre les Montagnes Bleues et Erebor, avec des biens étranges et précieux. On y croise aussi des hommes de Dâle qui se relève enfin depuis que Smaug a été abattu. Dans la Comté et au pays de Bree, les petites et les grandes gens vivent sereinement derrière leurs frontières. Une nouvelle période de prospérité a débuté. Pourtant, parmi le nombre croissant de voyageurs qui passent le Haut Col de l’Est, d’inquiétantes nouvelles sont colportées, une ombre grandit…
La Soirée.
La journée se termine quand les derniers invités arrivent par la route de Longoulet. Près du Gué de Sarn, Targon et Sadoc ont monté un campement et préparé un feu dont les flammes crépitent et s’élèvent vers le ciel. Au loin on entend couler paresseusement le Baranduin, alors que les étoiles apparaissent dans la fraîcheur du crépuscule.
Targon est un rôdeur du nord, il a la stature des hommes anciens de l’Ouistrenesse, et l’attitude sinistre de ces Dunedains trop habitués aux contrées sauvages. Il surveille les frontières de la Comté et rend compte à Hallas qui coordonne les efforts des rôdeurs qui patrouillent.
C’est aussi Hallas, déguisé pour recueillir des rumeurs, qui a entendu le désir du jeune Sadoc, un hobbit astucieux d’Hobbitebourg, de prendre la route comme dans les histoires folles de monsieur Bilbo, pour revenir les poches pleines !
Il y a également Sigval, un noble capitaine de Dâle qui coure après l’aventure pour se faire un nom chez les sujets du Roi Barde. Il est impétueux et jovial, rien ne l’inquiète !
Et puis il y a Cyd de Bree que son père, artisan en difficulté avait confié a un clan nain de marchands itinérants pour les servir. Maintenant c’est un homme qui aspire à ne plus rentrer chez lui, mais à découvrir ces trésors légendaires dont parlaient ses patrons. Mais les marchands ont été ruinés et celui-ci a continué la route avec Ulfrun, jeune naine du clan qui a repris le flambeau et qui n’entend pas arrêter le voyage, passionnée qu’elle est de toutes ces rencontres, des peuples tellement différents, mais dont aucun ne semble comprendre la menace qui s’étend.
Ils sont tous là, rassemblés autour du feu avec le vieux Balin, de la lignée de Durin. Il était présent à la Bataille d’Azanulbizar où son père Fundin fut tué. Il était là à Mirkwood quand le roi Thrain, porteur de l’anneau des nains, fut enlevé et fait prisonnier par l’Ennemi. Il était aussi présent pour la quête d’Erebor avec Thorin Écu de Chêne, et a combattu lors de la Bataille des Cinq Armées. Mais cette nuit, il est inquiet, car Hallas lui a confié enquêter sur de nombreuses disparitions aux pieds des Montagnes Bleues Méridionales. Est-ce que cela aurait à voir avec l’Ennemi, d’autant que dans ces montagnes luit une étrange étoile ?
Le voyage
C’est avec poneys et bagages que part à l’aube la petite compagnie. Sous les conseils d’Ulfrun, elle longe les rives du Baranduin pendant quatre jours où ils notent des traces d’activités dans ces contrées pourtant désertées. Targon et Cyd, les guetteurs, ont fort à faire pour sécuriser leur progression. Le temps est gris ponctué d’un peu de crachin, mais le groupe avance bien et les montagnes deviennent un mur sombre qui barre l’horizon.
Alors qu’après une longue journée de marche, à tenir les chevaux par la bride à cause d’un terrain de plus en plus accidenté, l’éclaireur découvre dans les flammes particulièrement ardentes d’un coucher de soleil une tour de guet. Elle est marquée d’une lune de pierre. Au sommet, Galondir, un garde attend la relève et surveille la frontière entre le Cardolan et l’Arthedain pour le Roi Arvedui. Un roi et des royaumes aujourd’hui disparut depuis bien longtemps... Reconnaissant en Targon un homme du nord, il accepte de descendre prendre une collation avec la compagnie, mais disparaît dans les ombres de l’escalier… Laissant la tour au silence des siècles passés.
Les jours de voyage qui suivirent furent lugubres et pénibles, enchaînant des collines arides et mornes, puis des vallées profondes, traversées de rivières turbulentes. Cependant la nourriture ne manqua pas, malgré les maigres prises de Sadoc. Il n’en sera sans doute pas de même pour le retour…
Toujours guidée par cette étrange étoile lointaine, la compagnie prend de la hauteur dans la montagne jusqu’à trouver une ancienne voie, plus praticable, qui les mène à un ravin dont le pont a disparu depuis longtemps. De l’autre coté le mur d’enceinte d’une sombre forteresse sous un ciel tellement lourd que le soleil n’est qu’un disque pâle.
Les bandits
Bloquée, la compagnie longe le ravin par le sud et découvre un campement secret qu’un feu mal entretenu a révélé. Après observation, ils décident de monter une embuscade aux bandits en contre bas. Ulfrun les attire à l’entrée du camp pendant que le reste du groupe prend position sur un promontoire rocheux abritant une grotte. Rapidement celle-ci doit faire face à trois brigands armés alors que Sigvar charge à travers le camp, que Cyd saute sur celui qui semble être le chef et que les archers tirent des flèches sur ceux qui prennent position. Bientôt les bandits surpris se rendent.
Sigvald et Ulfrun interrogent alors Sabian, le chef blessé de ce camp, qui malgré tout les prend de haut et ne répond pas vraiment à leurs questions. Pendant ce temps le rôdeur porte assistance aux autres blessés et regroupe les bandits au milieu du campement en constatant qu’il y a beaucoup plus de paillasses alentour que de bandits présents...
Quant à Sadoc et Cyd, ils visitent la grotte qui se prolonge par des escaliers sculptés dans la roche. Le passage débouche à l’intérieur du ravin sur un pont de cordes qui le traverse. Tout les deux poursuivent leur exploration et entrent dans une vaste salle mal éclairée de l’autre côté du pont. À l’intérieur, dans la fraîche pénombre, s’entasse le butin misérable des bandits : vêtements usagés, couvre-chefs déchirés, vieilles bottes et chaussures, ou couvertures miteuses. Le tout éparpillé autour d’éboulis et de paillasses de fortune. Les compères font alors demi-tour pour rejoindre leurs camarades... quand Cyd évite de justesse une attaque sournoise. Sadoc et Cyd doivent se battre contre des jumeaux bien mieux armés et préparés que le reste des bandits, même si comme les autres ils semblent ne pas être de la région. Pour autant le combat tourne à l’avantage des compagnons qui blessent grièvement les larrons.
Peu de temps après, la compagnie s’est organisée et s’engage dans cette vaste salle taillée sous la montagne. Elle y attache les chevaux, qui ont précautionneusement passé le pont sur des planches, et y regroupe les prisonniers. De son côté Sadoc à l’affût a découvert des réserves de nourriture ainsi qu’un coffre plein de l’or des rapines des brigands. Pendant ce temps-là, le reste de la compagnie dégage une entrée condamnée dans un des murs de la pièce qui s’ouvre sur une grande et sombre salle inondée et à l’odeur pestilentielle…









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